Les passeurs de mémoire

Programme Düben et Brossard
Ensemble Sébastien de Brossard

Düben et Brossard
Les passeurs de mémoire en Suède et en France

Maïlys de Villoutreys & Eugénie Levebvre, sopranos
Stéphan Dudermel & François Costa, violons
Yuka Saïtô, viole de gambe
Fabien Armengaud, orgue et direction

« Une bibliothèque est un hôpital pour l’esprit »
Anonyme

La bibliothèque de l’Université d’Uppsala regorge d’un fond musical des plus extraordinaires. Nous devons cette collection à Gustav Düben (1628-1690), musicien, compositeur et directeur de l’orchestre de la cour suédoise.
Cette bibliothèque, point de départ du présent programme, renferme un grand nombre de motets à deux dessus vocaux et basse continue, parfois accompagnés d’un voire deux violons.

Premier musicien de ce programme, Daniel Danielis, compositeur belge qui exerça son talent tant en Belgique qu’en France ; son motet Salve mi Jesu, fait admirablement dialoguer voix et violons.
Deux autres petits motets, Cæli rores et Adoro Te, font montre eux, d’un italianisme certain.

Autre compositeur belge, Henry de Thier dit Henry Dumont, dont la bibliothèque renferme aux moins une vingtaine de motets pour notre effectif.
Ce compositeur est un des plus emblématiques de cette période et prend donc une large place au sein de ce programme avec notamment le très touchant motet en écho In lectulo meo, sur le formidable et sensuel texte du Cantique des Cantiques. Deux allemandes pour orgue viendront parfaire le portrait de se compositeur.

Evoquer le petit motet français sans évoquer la figure tutélaire de Marc-Antoine Charpentier serait faire injure à cet immense compositeur. Parmi les trois motets de ce programme, attardons-nous sur le Sola vivebat, évoquant la tristesse et la déréliction de Marie-Madeleine au pied de la Croix. La ritournelle instrumentale est composée sur une basse de chaconne, cette basse obstinée figurant le fil de la vie, sans cesse renouvelé et pourtant inéluctable.

Basse obstinée également présente tout au long du formidable Tota pulchra es d’André Campra, motet dans lequel le compositeur renouvelle sans cesse le discours d’une manière étonnante.

Cantor de l’Abbaye de Saint Gall, Valentin Molitor est un des musiciens oubliés du répertoire baroque dont la figure reste assez mystérieuse. Les deux motets contenus dans la bibliothèque d’Uppsala seront donnés à entendre.

Enfin tel un miroir, Sébastien de Brossard est à la France ce que Gustav Düben est à la Suède.
Compositeur, théoricien, homme d’église, Brossard collecte et recopie sas relâche tout au long de sa vie de très nombreuses partitions. Il fera don de sa bibliothèque au Roi, léguant ainsi la plus grande collection française.
Humble compositeur, préférant mettre en avant ses contemporains, c’est par sa main que certaines sonates de Clérambault nous sont connus. Quant à la sonate de Brossard en mi mineur avec partie de viole obligée, elle est une des premières composées en France.
A côté de son très beau motet à voix seule, Qui non diligit te, intitulé Aspiratio ad Christum, la leçon des morts à deux voix et deux violons est un chef d’œuvre du genre.

Au travers de ce regard croisé entre deux bibliothèques, c’est le témoignage émouvant de toute une époque, une cathédrale d’idées de ce Grand Siècle et de sa dévotion si touchante et si humaine.

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